26 juin 2003

Egypte : La chasse aux homosexuels continue

Classé dans : homophobie,infos,internationnal — dominique @ 19:16

717039-egypte-caire-homosexualiteTaille de guêpe, silhouette élancée, jean moulant, Majeed retient son souffle quand retentit la sonnerie de son appartement. Pris de tremblements nerveux, le jeune homme, la trentaine à peine, ouvre la porte d’un geste hésitant. Il a peur et sa vie s’en ressent. Ne pas trop parler, ne citer aucun nom et surtout se taire sur  » l’affaire  » pour éviter d’être inquiété. Egyptien et homosexuel, Majeed se sait traqué depuis que, dans la nuit du 10 mai au 11 mai 2001, 52 hommes, présumés homosexuels, ont été arrêtés puis emprisonnés lors d’une descente de la police des mœurs au Queen Boat, un restaurant-discothèque très apprécié de la communauté gay du Caire. Cités devant la cour de sûreté de l’Etat, une juridiction d’exception qui traite les cas de terrorisme, 21 des 52 jeunes accusés devaient écoper de peines allant jusqu’à cinq ans de prison ferme à l’issue d’un procès expéditif et sans possibilité d’appel.Entassés dans des cages, le visage à peine dissimulé par des morceaux de papier et chiffon, les détenus étaient accusés de  » pratique de la débauche « ,  » mépris du Coran et du prophète Mahomet  » et de  » constitution d’un groupe illégal « . Cédant aux pressions internationales, le président Hosni Moubarak a pourtant cassé, un an après, le premier verdict. Seuls deux Egyptiens, présentés comme des  » meneurs « , ont été reconnus coupables de  » mépris à la religion « . En Egypte, la loi inspirée par la charia ne considère pas l’homosexualité comme un délit ou un crime. En revanche, cette dernière condamne fermement le délit de débauche qui inclut l’adultère, la  » fornication et la sodomie « , expliquent les juristes.
 
 Taher Abdul Nasr, avocat de plusieurs prévenus, reconnaît que la presse a joué un rôle nuisible dans la tenue du procès.  » Certains articles ont sous-entendu des relations avec Israël, ils ont souligné l’atteinte à la religion, ont parlé d’actes sataniques. Ces sujets sont extrêmement sensibles dans la société égyptienne. Ici, on utilise le discours religieux quand on veut faire prendre position à la rue. Et ça marche « . Cinquante des  » cinquante-deux du Caire  » comparaissent désormais libres devant une cour correctionnelle.  » Depuis cette “affaire”, l’ambiance est malsaine. Il suffit d’une dispute pour que tes propres copains te dénoncent à la police. Maintenant, on hésite même à sortir ensemble de peur d’être arrêtés et mis en tôle « , raconte Majeed. Informaticien, très occidentalisé, il a déjà vu  » trois de ses amants se faire piquer « . Disposant en effet d’un département chargé des  » crimes et délits  » liés à internet, la police égyptienne procède régulièrement à des rafles à partir des rendez-vous passés sur des sites de petites annonces.  » Ces forums sont devenus de véritables guet-apens, dit-il. Pour nous attirer ils se font passer pour des étrangers, te demandent des photos tout en te racontant de jolies histoires. Une fois sur les lieux de la rencontre, ton bel étranger est en fait un flic qui est là pour te coffrer « .Un scénario bien ficelé qui, selon des associations de défense des homosexuels égyptiens, favoriserait, entre autres,  » en moyenne une arrestation par jour dans des lieux fréquentés par la communauté « . Témoignant d’actes de tortures, de mauvais traitements destinés à leur soustraire des aveux, soumis à un examen anal sensé prouver leur homosexualité, interdits de visite avant leur procès, les accusés du Queen Boat ne sont qu’une partie, la plus visible, des homosexuels faisant partie d’ » une société ultra-conservatrice et homophobe « , regrette Majeed. Pour lui, cette chasse est une réponse à la montée de l’islamisme qui, aux législatives de novembre 2000, a fait des Frères musulmans la première force d’opposition au Parlement.  » En nous mettant en prison, ils essaient de faire oublier aux gens les problèmes de pauvreté et de crise économique. Lorsqu’on aura tous foutu le camp à l’étranger, qui seront les prochains sur la liste ? « , lance-t-il amèrement.QUESTION A SCOTT LONG* TC : Comment sont traités les homosexuels en Egypte ?
 Scott Long : Depuis l’affaire du Queen Boat, les arrestations continuent et se sont accrues au moyen d’internet. On en compte aujourd’hui plus de 100. Les autorités égyptiennes n’hésitent pas à pénétrer dans des appartements, interpeller des gens suspectés d’être homosexuels. Depuis 1951, une loi pénalise la prostitution et la débauche. Lorsqu’une personne est arrêtée, elle est en général immédiatement conduite dans un centre médico-légal pour y subir un examen de l’anus et du pénis. La plupart des homosexuels interpellés ont été l’objet de pressions psychologiques, de menaces, d’insultes et de mauvais traitements physiques. Certains se sont fait violer en prison par des détenus, d’autres ont été victimes du chantage de policiers en dehors du milieu carcéral.
 * Porte-parole de l’organisation Human Rights Watch en Egypte. Source : TC

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